Conférence annuelle du Haut Conseil des Finances Publiques(HCFP)

Conférence annuelle du Haut Conseil des Finances Publiques(HCFP)

Conférence annuelle du Haut Conseil des Finances Publiques(HCFP)

Photo de Grégory BLANC qui remet le rapport intercommunalité à la Ministre Gatel

Dans le cadre de mon mandat de commissaire aux finances, j’ai eu le privilège de faire partie des deux parlementaires invités à la conférence annuelle de la Cour des comptes sur les finances publiques.

J’intervenais sur le thème : « Quelle trajectoire de consolidation budgétaire pour la France ? »

Le constat est clair : 180 milliards d’euros par an sont a dégager d’ici 2030. En ce sens, je crois cette répartition juste et nécessaire : 

110 Md€ – Respecter nos engagements européens (sinon, sanctions et perte de crédibilité

34 Md€ – Atteindre nos objectifs climatiques (ou subir des coûts bien plus élevés demain

10 Md€ – Financer le vieillissement démographique (1 Français sur 4 aura +65 ans en 2030)

26 Md€ – Renforcer notre défense et souveraineté (dans un monde de plus en plus instable)

Malgré les écarts entre les prévisions et le réel, la situation est sérieuse… mais la trajectoire encore tenable. Quelques pistes de solutions :

1) Agir sur les dépenses ET les recettes – sans choc brutal (justice fiscale, lutte contre l’optimisation).

2) Rénover le pilotage budgétaire en profondeur : Renforcer le HCFP, associer le Parlement au suivi en temps réel pour mieux contrôler le budget, instaurer un principe de responsabilité : « Appliquer ou expliquer » sur le modèle anglo-saxon.

Retrouvez ma note, publié en octobre dernier dans la Fondation Jaurès, qui détaille ces propositions ci-dessous. 

Intercommunalité : penser les formes souples de coopération face au risque de tarissement des finances publiques

Intercommunalité : penser les formes souples de coopération face au risque de tarissement des finances publiques

Intercommunalité : penser les formes souples de coopération face au risque de tarissement des finances publiques

Photo de Grégory BLANC qui remet le rapport intercommunalité à la Ministre Gatel

Un rapport pour repenser la coopération intercommunale

Dans le cadre de la mission transpartisane « Intercommunalité : affirmer la logique de partenariat des territoires » que j’ai co-pilotée au Sénat, nous avons remis cet après-midi notre rapport à la Ministre Françoise GATEL. Ce travail propose cinq mesures concrètes pour faciliter et fluidifier les fonctionnements intercommunaux et pluricommunaux. Parmi elles, deux leviers me semblent particulièrement essentiels pour l’avenir des territoires : les projets de territoire et les formes souples de coopération.

En période de contraintes financières croissantes pour les collectivités, il est urgent de repenser notre modèle de coopération. Les habitants interrogent de plus en plus l’absence de lien et de contrôle démocratique des intercommunalités, perçues comme distantes et peu transparentes. La réponse ne réside pas dans toujours plus de centralisation, mais dans une mutualisation intelligente, à l’échelle pluricommunale.

Les projets de territoire : une vision stratégique pour fédérer les communes

Nous proposons de rendre obligatoires les projets de territoire dans tous les EPCI (Établissements Publics de Coopération Intercommunale). Pourquoi ? Parce que ces documents poussent les communes à échanger sur les compétences à mutualiser et à se fédérer autour d’un projet commun.

Mais ce n’est pas tout : ces projets de territoire permettront aussi de simplifier l’action publique en supprimant des schémas sectoriels secondaires, évitant ainsi un empilement de documents inutiles. Le Maine-et-Loire est d’ailleurs une terre vertueuse en la matière, avec des intercommunalités qui ont su anticiper ces enjeux. C’est l’exemple parmi d’autres du projet de territoire de Loire Layon Aubance.

Les formes souples de coopération : une réponse pragmatique et ciblée

Dans un contexte où les finances des collectivités risquent de se tarir, il devient indispensable de développer les formes souples de coopération : ententes intercommunales, conventions de services, contrats de réciprocité. Ces outils permettent de répondre à des enjeux partagés sans alourdir les structures, ni transférer de compétences. L’enfance, la jeunesse, l’action culturelle, le numérique… Autant de domaines où les communes peuvent coopérer de manière ciblée, sans créer de nouvelles couches administratives.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que l’avenir ne peut pas être toujours plus de transferts de compétences vers de grands ensembles centralisés. Les dysfonctionnements et la perte d’efficacité sont réels, comme en témoigne le transfert de la voirie au sein d’Angers Loire Métropole, qui a montré des difficultés.

En Anjou, la mutualisation souple est déjà à l’œuvre

Heureusement, des solutions existent et fonctionnent déjà en Maine-et-Loire. La mutualisation à l’échelle pluricommunale est une voie d’avenir, où les communes restent maîtresses de leur organisation tout en mutualisant. Quelques exemples inspirants :

Les gardes-champêtres pluricommunaux de Mûrs-Erigné et Sainte-Gemmes-sur-Loire

Une coopération efficace pour un service de proximité, sans transfert de compétence.

L’Entente-Vallée (Beaufort-en-Anjou, La Ménitré, Les Bois d’Anjou, Mazé-Milon)

Une mutualisation réussie autour des compétences enfance-jeunesse, actions culturelles et sociales.

L’enjeu : concilier ambition collective et flexibilité

Développer projets de territoire et coopération pluricommunale de manière complémentaire, c’est permettre aux territoires de concilier ambition collective et flexibilité.

  • Le projet de territoire légitime l’action intercommunale et donne une vision à long terme.
  • Les formes souples de coopération facilitent des actions plus ciblées, au quotidien et à plus petite échelle.

C’est cette complémentarité qui permettra de répondre aux défis des années à venir : faire plus et mieux avec moins de moyens, tout en restant proche des citoyens.

Et maintenant ? Vers une proposition de loi transpartisane

Avec mes collègues sénateurs, nous ne nous arrêtons pas à ce constat. Nous déposons un texte de loi pour intégrer nos recommandations dans le droit en vigueur.

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Une gestion à la dérive

Nous l’avons déjà souligné pendant le débat sur la trajectoire financière de la France. La situation budgétaire est préoccupante, et 2025 l’a confirmé : les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu ont navigué à vue, sans vision claire. Résultat ? Un budget non maîtrisé : recettes imprévisibles, dépenses hors contrôle, et des corrections imposées sans consultation parlementaire.

Des recettes aléatoires et des impôts "exceptionnels" permanents

Les mesures fiscales votées ont souvent déçu : certaines recettes ont comblé les trous par hasard, mais on ne construit pas une trajectoire budgétaire sur des recettes aléatoires. Pourtant, depuis deux ans, on nous annonce des impôts exceptionnels… qui deviennent permanents.

La surtaxe sur l’impôt sur les sociétés (7,5 milliards au lieu de 8) a sauvé les comptes, mais taxer les entreprises qui produisent en France plutôt que celles qui délocalisent est un signal contre-productif. Pire, la cotisation sur les hauts patrimoines, au rendement ridicule, révèle une volonté absente de lutter contre l’injustice fiscale. 13 000 foyers millionnaires ne paient aucun impôt : comment l’expliquer ?

En 2025, rien. En 2026, toujours rien. Que propose le Gouvernement pour 2027?

La transition écologique, première victime des coupes

Chaque année, le budget de la transition écologique est le premier à être réduit. On vote des crédits ambitieux… pour les voir sabrés en cours d’exercice. Sans plan, le bateau part à la dérive.

Cette improvisation est le résultat des choix de Barnier, Bayrou et du socle commun. Nous la rejetons.

Conclusion : l'urgence d'agir

La France mérite mieux qu’un budget bricolé. Il est temps de :

Rétablir un pilotage rigoureux

des finances publiques.

Rééquilibrer la fiscalité

en s’attaquant aux injustices (notamment pour les super-riches qui ne paient pas d’impôt).

Protéger les budgets prioritaires,

comme celui de la transition écologique.

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Le texte porté par notre collègue Christian Redon-Sarrazy, sénateur socialiste de la Vienne, tombe à point nommé. L’urgence est là : il faut agir pour soutenir les communes rurales dans leurs efforts de réhabilitation du bâti. Les maires, qu’ils soient de Maine-et-Loire, de la Vienne ou d’ailleurs, le martèlent avec une constance frappante : ils manquent d’outils, d’ingénierie, et surtout, de ressources financières.

La désertification rurale ne vient pas des normes

Certains laissent entendre que la désertification des campagnes serait due à un excès de réglementation. C’est un contresens. Les finances des communes reposent sur deux piliers : la taxe foncière et les dotations de l’État. Or, chaque départ d’habitant entraîne un double effet ciseau : baisse des recettes fiscales et réduction des dotations. Simplifier les normes sans corriger ces déséquilibres ne fera qu’aggraver les inégalités.

Les métropoles, où le mètre carré se négocie à 3 000, 3 500, voire 4 000 euros, n’ont pas besoin de ces assouplissements pour attirer les investisseurs. Mais dans les territoires ruraux, où les prix plafonnent à 250, 300, parfois 500 euros le mètre carré, la donne est toute autre. Les promoteurs privés, comme les bailleurs sociaux, fuent là où la rentabilité est immédiate. Et quand ces derniers acceptent d’intervenir dans une commune rurale, c’est souvent à condition que celle-ci abonde le projet à hauteur de 200 000, 300 000, voire 500 000 euros pour équilibrer l’opération.

L’impossible équation des maires ruraux

Que reste-t-il aux élus locaux ? Un choix cornélien :

  • Soit réduire le nombre de logements prévus (passer de 5 à 2, par exemple), au risque d’aggraver la désertification ;
  • Soit accepter de financer le projet… mais en renonçant à rénover l’église, à désartificialiser la cour d’école, ou à moderniser la salle des fêtes.

C’est cette tension insoutenable qu’il nous faut résoudre. Oui, il faut améliorer les outils et l’ingénierie – et des avancées ont déjà été faites. Mais sans ouvrir le chantier de la fiscalité, nous ne ferons que panser les symptômes sans soigner la maladie.

Fiscalité : le tabou à briser

Affirmer « pas de taxes supplémentaires » sans proposer d’alternative, c’est figer les inégalités. Si l’objectif est de ne rien changer, alors ne changeons rien – mais assumons-en les conséquences : des communes rurales condamnées à se vider, faute de moyens pour agir.

Pourtant, des pistes existent. Réorganiser les solidarités entre territoires, par exemple. Ou renforcer le rôle des Établissements Publics Fonciers (EPF), comme le proposait notre collègue Frédérique Espagnac dans un amendement récent. Comment peut-on s’y opposer ? Comment justifier de bloquer des mécanismes qui visent précisément à rééquilibrer les chances entre métropoles et campagnes ?

 

La réhabilitation du bâti rural est une question de justice territoriale. Et pour la régler, il faudra oser repenser nos modèles de solidarité et de fiscalité. Les maires ruraux n’attendent pas autre chose. À nous de leur répondre.

Mon intervention à la conférence du Haut conseil des finances publiques

Mon intervention à la conférence du Haut conseil des finances publiques

Mon intervention à la conférence du Haut conseil des finances publiques

Le 10 juin dernier, je faisais partie des deux parlementaires invités à la conférence annuelle du Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP), organisée en partenariat avec Sciences Po Paris. J’y ai rappelé une réalité implacable : la France doit dégager 180 milliards d’euros d’ici à 2030 pour répondre à quatre défis majeurs. Retrouvez ci-dessous mon intervention à la conférence du HCFP.

180 Md€ : l'équation impossible à ignorer

Ces 180 milliards se répartissent en quatre priorités indépassables :

110 milliards d’euros pour respecter nos engagements européens.

Sans cela, ce sont des sanctions financières et une perte de crédibilité pour la France.

34 milliards d’euros pour atteindre nos objectifs climatiques.

Agir aujourd’hui, c’est éviter des coûts bien plus élevés demain – économiques, sociaux et environnementaux.

10 milliards d’euros pour financer le vieillissement démographique.

En 2030, un Français sur quatre aura plus de 65 ans.

26 milliards d’euros pour renforcer notre défense et notre souveraineté

dans un monde où les tensions géopolitiques s’intensifient.

Prétendre que la solution réside uniquement dans la baisse des dépenses ou uniquement dans l’augmentation des recettes (via par exemple une taxe sur les superprofits, comme la taxe Zucman) est un leurre. La réalité est plus complexe : il faudra à la fois maîtriser les dépenses et mobiliser de nouvelles recettes, de manière équilibrée et ciblée.

Un pilotage budgétaire à bout de souffle

Aujourd’hui, le gouvernement navigue à vue. Les écarts entre les prévisions et la réalité se multiplient, et les crédits sont annulés en urgence, dans le seul but de maintenir le déficit sous contrôle. Cette méthode n’est plus tenable. Nous avons besoin d’une réforme en profondeur du pilotage budgétaire, pour plus de transparence, de rigueur et de responsabilité.

Renforcer le HCFP

Lui donner plus de moyens en expertise, données et avis automatiques pour éclairer les choix publics.

T

Associer le Parlement

au suivi en temps réel des finances publiques. Les députés et sénateurs doivent pouvoir anticiper, contrôler et corriger les dérapages.

Instaurer un principe de responsabilité

« Appliquer ou expliquer », comme au Royaume-Uni. Si une mesure n’est pas mise en œuvre, les responsables doivent en rendre compte publiquement.

Je continuerai à porter cette réforme du pilotage budgétaire. L’enjeu ? Redonner au Parlement un réel pouvoir de contrôle, pour que les choix financiers soient non seulement nécessaires, mais aussi démocratiques.

L’école P. Fort et le collège J. Rostand au Sénat !

L’école P. Fort et le collège J. Rostand au Sénat !

L’école P. Fort et le collège J. Rostand au Sénat !

Une visite de Trélazé au Sénat !

Le 2 juin 2026, j’ai eu le plaisir d’accueillir des élèves de l’école Paul Fort et du collège Jean Rostand, deux établissements de Trélazé, pour une visite du Sénat. Une belle occasion de leur faire découvrir les coulisses de la démocratie et la fabrique de la loi.

Ouvrir les portes du Sénat aux jeunes, c’est leur donner les clés pour comprendre comment se construit notre République. Merci à eux pour leur curiosité, leur énergie et leur intérêt pour les institutions !