Vice-président de la commission des finances !

Vice-président de la commission des finances !

Vice-président de la commission des finances !

J’ai l’honneur d’avoir été désigné vice-président de la commission des finances du Sénat. Une responsabilité que j’aborde avec gravité, à un moment où notre pays doit retrouver un cap.

Une responsabilité qui m'oblige

Depuis mon élection en 2023, la commission des finances est au cœur de mon travail de sénateur. Rapporteur spécial de la mission « Pouvoirs publics », porteur d’une proposition de loi de rénovation de la procédure budgétaire, j’ai toujours défendu une conviction : le budget, c’est le reflet des choix que fait une Nation.

Cette nouvelle fonction m’honore. Elle m’oblige surtout. Je l’exercerai avec la même exigence : sincérité des comptes, respect du rôle du Parlement, justice dans la répartition de l’effort.

Un contexte géopolitique et budgétaire très contraint

Le contexte international est instable, nos finances publiques sont sous tension et les collectivités locales, en première ligne auprès des habitants, voient leurs marges se réduire année après année.

Dans ce cadre, la tentation est grande de se contenter de gérer l’urgence, à coups de rabot. Ce serait une erreur. Le pays doit trouver les voies d’une croissance durable : une croissance qui conjugue redressement des comptes, transition écologique et cohésion sociale et territoriale.

Le projet de loi de finances 2027 ne répond pas à cet objectif

Le projet de loi de finances pour 2027 présenté par le gouvernement ne trace pas ce chemin. Une fois encore, il donne le sentiment d’un pilotage à vue, sans vision de long terme sur ce que nous voulons financer, et sur la manière de le faire justement.

Pour ma part, je serai particulièrement attentif à trois questions : la justice fiscale, les moyens laissés aux collectivités et la capacité de l’État à investir dans la transition. Avec mon groupe, nous ferons des propositions concrètes tout au long de l’examen du texte.

2027, l'année pour clarifier le chemin

Les débats de 2027, au Parlement comme dans le cadre de l’élection présidentielle, devront clarifier le chemin pour y parvenir. Les Français ont droit à un débat de fond sur nos finances publiques.

Cela suppose de dire redonner au Parlement sa place dans les choix budgétaires et de bâtir des compromis solides plutôt que des coups de force. Réparer notre procédure budgétaire, c’est réparer un morceau de notre démocratie.

Prison de Loire-Authion : mes conclusions

Prison de Loire-Authion : mes conclusions

Prison de Loire-Authion : mes conclusions

Mon travail publié à Terra Nova visait également à mieux comprendre les blocages autour de centre pénitentiaire de Loire-Authion. Ils sont évidemment d’ordre financier : 250 millions d’euros hors frais de fonctionnement… quand l’État n’a plus d’argent, ça coince.

Aujourd’hui, Bercy est seul décideur en vrai des évolutions carcérales du Pays.

Voilà pourquoi je propose une autre voie, à budget constant, pour qu’on donne la priorité au niveau bâtimentaire à ce qui marche : rénover les 8 établissements les plus dégradés, en reconstruire 4, comme Angers, lorsque la rénovation est impossible. Deux constats :

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Redimensionnons le projet à 500 places

Les méga-prisons de 850 places sont des usines du crime. Ce modèle ne fonctionne pas. Il est urgent de défendre un modèle autour de 500 places, à taille humaine, où le travail des surveillants fait sens, où l’accueil des familles est réel, où la détention s’effectue dans des conditions plus favorables à la réinsertion.

Conservons le quartier de semi-liberté (QSL) en centre-ville d'Angers

En effet, on ne libère pas des détenus le matin « au milieu du désert » pour qu’ils se réinsèrent. Les QSL en périphérie, ça ne marche pas : l’accès permanent aux soins, aux administrations, aux zones d’emploi, doit être réel. Voilà pourquoi Meaux ne fait pas le plein, ou pourquoi Condé-sur-Sarthe a fermé son bâtiment, qui demeure vide de toute activité.

Aussi, soit Angers Loire Métropole augmente significativement les dessertes en bus, soit il faut conserver le QSL en centre-ville, en le dissociant de la Prison, comme c’est le cas dans plusieurs départements.

Prison : soyons pragmatiques, priorité à la sécurité publique !

Prison : soyons pragmatiques, priorité à la sécurité publique !

Prison : soyons pragmatiques, priorité à la sécurité publique !

Depuis juillet 2025, j’ai visité une vingtaine d’établissements pénitentiaires. Mon constat : notre système carcéral coûte toujours plus cher, entretient la récidive et protège mal les Français. Il faut changer de logique, et c’est possible à budget constant.

Tout est parti d'Angers

En juillet 2025, je visitais l’unité de soins de la maison d’arrêt d’Angers. L’établissement a été construit en 1856 pour 216 détenus et en accueille aujourd’hui plus de 550. Un chiffre m’a frappé : 40 % des détenus qui entrent avec un problème d’addiction ressortent sans avoir été soignés.

C’est d’abord une question de sécurité publique. Si les personnes condamnées sortent de prison plus dangereuses qu’elles n’y sont entrées, à quoi sert la prison ?

J’ai donc voulu comprendre. J’ai visité une vingtaine d’établissements et j’ai échangé avec des soignants, des services de probation, des associations de réinsertion et des professionnels de la Justice. Ma grille de lecture était la suivante : le budget avant tout parti pris idéologique. Ni « tout sécuritaire », ni angélisme.

La prison nourrit la prison

Le constat est paradoxal : plus on construit, plus la surpopulation augmente, et plus il y a de récidivistes.

Les deux réponses apportées jusqu’ici restent enfermées dans les murs de la prison, et elles sont inefficaces :

  • construire toujours plus de places ;
  • libérer automatiquement des détenus avant le terme de leur peine, en « sortie sèche », c’est-à-dire sans accompagnement. C’est la règle depuis les décisions prises par Nicole Belloubet et Éric Dupond-Moretti, confirmées par Gérald Darmanin.

Une impasse budgétaire

Après l’armée et la charge des intérêts de la dette, c’est le budget de l’administration pénitentiaire qui a le plus progressé ces dernières années : +30 %.

Si les engagements pris sont tenus, continuer dans cette voie conduirait à doubler ce budget d’ici 2031, de 5,5 à 11 milliards d’euros. Où trouveront-ils l’argent ?

La récidive, là où se trouvent les vraies économies

Dans le même temps, la récidive à un an, à elle seule, coûte 2 milliards d’euros au pays. Elle concerne 36,6 % des sortants à un an et grimpe à 67 % à cinq ans.

C’est là que se trouvent les économies possibles.

Aller au bout de la peine

Face à ce dysfonctionnement généralisé, certains préfèrent les coups de menton pour être « durs avec les durs ». Ils séduisent sans doute dans certains meetings de campagne, mais ils ne règlent rien.

Il est urgent de repenser la logique : que les peines aillent à leur terme, pour mener à bien le parcours du détenu. Cela suppose d’articuler réellement prison et probation, milieu fermé et milieu ouvert.

Aujourd’hui, c’est comme si l’on pensait le soin en séparant l’hôpital de la médecine de ville. Ça ne marche pas.

Découvrez mes propositions

Conférence annuelle du Haut Conseil des Finances Publiques(HCFP)

Conférence annuelle du Haut Conseil des Finances Publiques(HCFP)

Conférence annuelle du Haut Conseil des Finances Publiques(HCFP)

Photo de Grégory BLANC qui remet le rapport intercommunalité à la Ministre Gatel

Dans le cadre de mon mandat de commissaire aux finances, j’ai eu le privilège de faire partie des deux parlementaires invités à la conférence annuelle de la Cour des comptes sur les finances publiques.

J’intervenais sur le thème : « Quelle trajectoire de consolidation budgétaire pour la France ? »

Le constat est clair : 180 milliards d’euros par an sont a dégager d’ici 2030. En ce sens, je crois cette répartition juste et nécessaire : 

– 110 Md€ – Respecter nos engagements européens (sinon, sanctions et perte de crédibilité

– 34 Md€ – Atteindre nos objectifs climatiques (ou subir des coûts bien plus élevés demain

– 10 Md€ – Financer le vieillissement démographique (1 Français sur 4 aura +65 ans en 2030)

– 26 Md€ – Renforcer notre défense et souveraineté (dans un monde de plus en plus instable)

Malgré les écarts entre les prévisions et le réel, la situation est sérieuse… mais la trajectoire encore tenable. Quelques pistes de solutions :

1) Agir sur les dépenses ET les recettes – sans choc brutal (justice fiscale, lutte contre l’optimisation).

2) Rénover le pilotage budgétaire en profondeur : Renforcer le HCFP, associer le Parlement au suivi en temps réel pour mieux contrôler le budget, instaurer un principe de responsabilité : « Appliquer ou expliquer » sur le modèle anglo-saxon.

Retrouvez ma note, publié en octobre dernier dans la Fondation Jaurès, qui détaille ces propositions ci-dessous. 

Intercommunalité : penser les formes souples de coopération face au risque de tarissement des finances publiques

Intercommunalité : penser les formes souples de coopération face au risque de tarissement des finances publiques

Intercommunalité : penser les formes souples de coopération face au risque de tarissement des finances publiques

Photo de Grégory BLANC qui remet le rapport intercommunalité à la Ministre Gatel

Un rapport pour repenser la coopération intercommunale

Dans le cadre de la mission transpartisane « Intercommunalité : affirmer la logique de partenariat des territoires » que j’ai co-pilotée au Sénat, nous avons remis cet après-midi notre rapport à la Ministre Françoise GATEL. Ce travail propose cinq mesures concrètes pour faciliter et fluidifier les fonctionnements intercommunaux et pluricommunaux. Parmi elles, deux leviers me semblent particulièrement essentiels pour l’avenir des territoires : les projets de territoire et les formes souples de coopération.

En période de contraintes financières croissantes pour les collectivités, il est urgent de repenser notre modèle de coopération. Les habitants interrogent de plus en plus l’absence de lien et de contrôle démocratique des intercommunalités, perçues comme distantes et peu transparentes. La réponse ne réside pas dans toujours plus de centralisation, mais dans une mutualisation intelligente, à l’échelle pluricommunale.

Les projets de territoire : une vision stratégique pour fédérer les communes

Nous proposons de rendre obligatoires les projets de territoire dans tous les EPCI (Établissements Publics de Coopération Intercommunale). Pourquoi ? Parce que ces documents poussent les communes à échanger sur les compétences à mutualiser et à se fédérer autour d’un projet commun.

Mais ce n’est pas tout : ces projets de territoire permettront aussi de simplifier l’action publique en supprimant des schémas sectoriels secondaires, évitant ainsi un empilement de documents inutiles. Le Maine-et-Loire est d’ailleurs une terre vertueuse en la matière, avec des intercommunalités qui ont su anticiper ces enjeux. C’est l’exemple parmi d’autres du projet de territoire de Loire Layon Aubance.

Les formes souples de coopération : une réponse pragmatique et ciblée

Dans un contexte où les finances des collectivités risquent de se tarir, il devient indispensable de développer les formes souples de coopération : ententes intercommunales, conventions de services, contrats de réciprocité. Ces outils permettent de répondre à des enjeux partagés sans alourdir les structures, ni transférer de compétences. L’enfance, la jeunesse, l’action culturelle, le numérique… Autant de domaines où les communes peuvent coopérer de manière ciblée, sans créer de nouvelles couches administratives.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que l’avenir ne peut pas être toujours plus de transferts de compétences vers de grands ensembles centralisés. Les dysfonctionnements et la perte d’efficacité sont réels, comme en témoigne le transfert de la voirie au sein d’Angers Loire Métropole, qui a montré des difficultés.

En Anjou, la mutualisation souple est déjà à l’œuvre

Heureusement, des solutions existent et fonctionnent déjà en Maine-et-Loire. La mutualisation à l’échelle pluricommunale est une voie d’avenir, où les communes restent maîtresses de leur organisation tout en mutualisant. Quelques exemples inspirants :

Les gardes-champêtres pluricommunaux de Mûrs-Erigné et Sainte-Gemmes-sur-Loire

Une coopération efficace pour un service de proximité, sans transfert de compétence.

L’Entente-Vallée (Beaufort-en-Anjou, La Ménitré, Les Bois d’Anjou, Mazé-Milon)

Une mutualisation réussie autour des compétences enfance-jeunesse, actions culturelles et sociales.

L’enjeu : concilier ambition collective et flexibilité

Développer projets de territoire et coopération pluricommunale de manière complémentaire, c’est permettre aux territoires de concilier ambition collective et flexibilité.

  • Le projet de territoire légitime l’action intercommunale et donne une vision à long terme.
  • Les formes souples de coopération facilitent des actions plus ciblées, au quotidien et à plus petite échelle.

C’est cette complémentarité qui permettra de répondre aux défis des années à venir : faire plus et mieux avec moins de moyens, tout en restant proche des citoyens.

Et maintenant ? Vers une proposition de loi transpartisane

Avec mes collègues sénateurs, nous ne nous arrêtons pas à ce constat. Nous déposons un texte de loi pour intégrer nos recommandations dans le droit en vigueur.

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Une gestion à la dérive

Nous l’avons déjà souligné pendant le débat sur la trajectoire financière de la France. La situation budgétaire est préoccupante, et 2025 l’a confirmé : les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu ont navigué à vue, sans vision claire. Résultat ? Un budget non maîtrisé : recettes imprévisibles, dépenses hors contrôle, et des corrections imposées sans consultation parlementaire.

Des recettes aléatoires et des impôts "exceptionnels" permanents

Les mesures fiscales votées ont souvent déçu : certaines recettes ont comblé les trous par hasard, mais on ne construit pas une trajectoire budgétaire sur des recettes aléatoires. Pourtant, depuis deux ans, on nous annonce des impôts exceptionnels… qui deviennent permanents.

La surtaxe sur l’impôt sur les sociétés (7,5 milliards au lieu de 8) a sauvé les comptes, mais taxer les entreprises qui produisent en France plutôt que celles qui délocalisent est un signal contre-productif. Pire, la cotisation sur les hauts patrimoines, au rendement ridicule, révèle une volonté absente de lutter contre l’injustice fiscale. 13 000 foyers millionnaires ne paient aucun impôt : comment l’expliquer ?

En 2025, rien. En 2026, toujours rien. Que propose le Gouvernement pour 2027?

La transition écologique, première victime des coupes

Chaque année, le budget de la transition écologique est le premier à être réduit. On vote des crédits ambitieux… pour les voir sabrés en cours d’exercice. Sans plan, le bateau part à la dérive.

Cette improvisation est le résultat des choix de Barnier, Bayrou et du socle commun. Nous la rejetons.

Conclusion : l'urgence d'agir

La France mérite mieux qu’un budget bricolé. Il est temps de :

Rétablir un pilotage rigoureux

des finances publiques.

Rééquilibrer la fiscalité

en s’attaquant aux injustices (notamment pour les super-riches qui ne paient pas d’impôt).

Protéger les budgets prioritaires,

comme celui de la transition écologique.