Mon intervention à la conférence du Haut conseil des finances publiques
Le 10 juin dernier, je faisais partie des deux parlementaires invités à la conférence annuelle du Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP), organisée en partenariat avec Sciences Po Paris. J’y ai rappelé une réalité implacable : la France doit dégager 180 milliards d’euros d’ici à 2030 pour répondre à quatre défis majeurs. Retrouvez ci-dessous mon intervention à la conférence du HCFP.
180 Md€ : l'équation impossible à ignorer
Ces 180 milliards se répartissent en quatre priorités indépassables :
110 milliards d’euros pour respecter nos engagements européens.
Sans cela, ce sont des sanctions financières et une perte de crédibilité pour la France.
34 milliards d’euros pour atteindre nos objectifs climatiques.
Agir aujourd’hui, c’est éviter des coûts bien plus élevés demain – économiques, sociaux et environnementaux.
10 milliards d’euros pour financer le vieillissement démographique.
En 2030, un Français sur quatre aura plus de 65 ans.
26 milliards d’euros pour renforcer notre défense et notre souveraineté
dans un monde où les tensions géopolitiques s’intensifient.
Prétendre que la solution réside uniquement dans la baisse des dépenses ou uniquement dans l’augmentation des recettes (via par exemple une taxe sur les superprofits, comme la taxe Zucman) est un leurre. La réalité est plus complexe : il faudra à la fois maîtriser les dépenses et mobiliser de nouvelles recettes, de manière équilibrée et ciblée.
Un pilotage budgétaire à bout de souffle
Aujourd’hui, le gouvernement navigue à vue. Les écarts entre les prévisions et la réalité se multiplient, et les crédits sont annulés en urgence, dans le seul but de maintenir le déficit sous contrôle. Cette méthode n’est plus tenable. Nous avons besoin d’une réforme en profondeur du pilotage budgétaire, pour plus de transparence, de rigueur et de responsabilité.
Renforcer le HCFP
Lui donner plus de moyens en expertise, données et avis automatiques pour éclairer les choix publics.
Associer le Parlement
au suivi en temps réel des finances publiques. Les députés et sénateurs doivent pouvoir anticiper, contrôler et corriger les dérapages.
Instaurer un principe de responsabilité
« Appliquer ou expliquer », comme au Royaume-Uni. Si une mesure n’est pas mise en œuvre, les responsables doivent en rendre compte publiquement.
Je continuerai à porter cette réforme du pilotage budgétaire. L’enjeu ? Redonner au Parlement un réel pouvoir de contrôle, pour que les choix financiers soient non seulement nécessaires, mais aussi démocratiques.
