Prison de Loire-Authion : mes conclusions

Prison de Loire-Authion : mes conclusions

Prison de Loire-Authion : mes conclusions

Mon travail publié à Terra Nova visait également à mieux comprendre les blocages autour de centre pénitentiaire de Loire-Authion. Ils sont évidemment d’ordre financier : 250 millions d’euros hors frais de fonctionnement… quand l’État n’a plus d’argent, ça coince.

Aujourd’hui, Bercy est seul décideur en vrai des évolutions carcérales du Pays.

Voilà pourquoi je propose une autre voie, à budget constant, pour qu’on donne la priorité au niveau bâtimentaire à ce qui marche : rénover les 8 établissements les plus dégradés, en reconstruire 4, comme Angers, lorsque la rénovation est impossible. Deux constats :

/

Redimensionnons le projet à 500 places

Les méga-prisons de 850 places sont des usines du crime. Ce modèle ne fonctionne pas. Il est urgent de défendre un modèle autour de 500 places, à taille humaine, où le travail des surveillants fait sens, où l’accueil des familles est réel, où la détention s’effectue dans des conditions plus favorables à la réinsertion.

Conservons le quartier de semi-liberté (QSL) en centre-ville d'Angers

En effet, on ne libère pas des détenus le matin « au milieu du désert » pour qu’ils se réinsèrent. Les QSL en périphérie, ça ne marche pas : l’accès permanent aux soins, aux administrations, aux zones d’emploi, doit être réel. Voilà pourquoi Meaux ne fait pas le plein, ou pourquoi Condé-sur-Sarthe a fermé son bâtiment, qui demeure vide de toute activité.

Aussi, soit Angers Loire Métropole augmente significativement les dessertes en bus, soit il faut conserver le QSL en centre-ville, en le dissociant de la Prison, comme c’est le cas dans plusieurs départements.

Prison : soyons pragmatiques, priorité à la sécurité publique !

Prison : soyons pragmatiques, priorité à la sécurité publique !

Prison : soyons pragmatiques, priorité à la sécurité publique !

Depuis juillet 2025, j’ai visité une vingtaine d’établissements pénitentiaires. Mon constat : notre système carcéral coûte toujours plus cher, entretient la récidive et protège mal les Français. Il faut changer de logique, et c’est possible à budget constant.

Tout est parti d'Angers

En juillet 2025, je visitais l’unité de soins de la maison d’arrêt d’Angers. L’établissement a été construit en 1856 pour 216 détenus et en accueille aujourd’hui plus de 550. Un chiffre m’a frappé : 40 % des détenus qui entrent avec un problème d’addiction ressortent sans avoir été soignés.

C’est d’abord une question de sécurité publique. Si les personnes condamnées sortent de prison plus dangereuses qu’elles n’y sont entrées, à quoi sert la prison ?

J’ai donc voulu comprendre. J’ai visité une vingtaine d’établissements et j’ai échangé avec des soignants, des services de probation, des associations de réinsertion et des professionnels de la Justice. Ma grille de lecture était la suivante : le budget avant tout parti pris idéologique. Ni « tout sécuritaire », ni angélisme.

La prison nourrit la prison

Le constat est paradoxal : plus on construit, plus la surpopulation augmente, et plus il y a de récidivistes.

Les deux réponses apportées jusqu’ici restent enfermées dans les murs de la prison, et elles sont inefficaces :

  • construire toujours plus de places ;
  • libérer automatiquement des détenus avant le terme de leur peine, en « sortie sèche », c’est-à-dire sans accompagnement. C’est la règle depuis les décisions prises par Nicole Belloubet et Éric Dupond-Moretti, confirmées par Gérald Darmanin.

Une impasse budgétaire

Après l’armée et la charge des intérêts de la dette, c’est le budget de l’administration pénitentiaire qui a le plus progressé ces dernières années : +30 %.

Si les engagements pris sont tenus, continuer dans cette voie conduirait à doubler ce budget d’ici 2031, de 5,5 à 11 milliards d’euros. Où trouveront-ils l’argent ?

La récidive, là où se trouvent les vraies économies

Dans le même temps, la récidive à un an, à elle seule, coûte 2 milliards d’euros au pays. Elle concerne 36,6 % des sortants à un an et grimpe à 67 % à cinq ans.

C’est là que se trouvent les économies possibles.

Aller au bout de la peine

Face à ce dysfonctionnement généralisé, certains préfèrent les coups de menton pour être « durs avec les durs ». Ils séduisent sans doute dans certains meetings de campagne, mais ils ne règlent rien.

Il est urgent de repenser la logique : que les peines aillent à leur terme, pour mener à bien le parcours du détenu. Cela suppose d’articuler réellement prison et probation, milieu fermé et milieu ouvert.

Aujourd’hui, c’est comme si l’on pensait le soin en séparant l’hôpital de la médecine de ville. Ça ne marche pas.

Découvrez mes propositions

L’école P. Fort et le collège J. Rostand au Sénat !

L’école P. Fort et le collège J. Rostand au Sénat !

L’école P. Fort et le collège J. Rostand au Sénat !

Une visite de Trélazé au Sénat !

Le 2 juin 2026, j’ai eu le plaisir d’accueillir des élèves de l’école Paul Fort et du collège Jean Rostand, deux établissements de Trélazé, pour une visite du Sénat. Une belle occasion de leur faire découvrir les coulisses de la démocratie et la fabrique de la loi.

Ouvrir les portes du Sénat aux jeunes, c’est leur donner les clés pour comprendre comment se construit notre République. Merci à eux pour leur curiosité, leur énergie et leur intérêt pour les institutions !

Prison d’Angers : 216 places pour 500 détenus

Prison d’Angers : 216 places pour 500 détenus

Prison d’Angers : 216 places pour 500 détenus

216 places et chaque années 99 détenus entrant pour violence avec problèmes d’addiction sortent sans avoir eu le moindre suivi.

🎙️ Ce mardi, j’ai interpellé le Gouvernement sur les conditions de détention à la maison d’arrêt du Pré-Pigeon, à Angers, et plus particulièrement sur l’accès aux soins pour les détenus malades. SI ces conditions existent, c’est que l’Etat reporte sans cesse la construction du centre pénitentiaire à Loire-Authion. Ma question s’inscrit dans la suite de la condamnation de l’Etat par le tribunal administratif de Nantes. »

📢 Je dénonce l’obsolescence de nos structures et l’inaction de l’État face à une situation devenue indigne de la République. Une République qui oublie ses engagements internationaux.
À Angers, pour 216 places, on compte 500 détenus au 21 octobre 2025. Cette surpopulation a notamment pour cause le projet de construction d’un centre pénitentiaire prévu à Loire Authion, sans cesse repoussé. Alors que la première pierre des travaux du nouveau centre pénitentiaire n’est pas posée, je demande un calendrier des investissements pour pallier cette situation indigne à la maison d’arrêt.

🩺 Faute d’investissement de la part de l’Etat, à Angers, l’insuffisance des modulaires sanitaires abouti à la situation selon laquelle des personnes incarcérées, pour des faits liés à des addictions, sortent sans avoir vu le moindre soignant. En 2024, sur 543 demandes de rendez-vous médicaux, seules 381 ont été honorées, c’est-à-dire que 99 détenus ont été incarcérés et relâchés sans avoir, entre-temps, vu le moindre médecin.

⛓️ Les personnes qui entrent en prison y entrent notamment pour des problèmes d’alcool et de drogue et ressortent avec les mêmes problèmes générant, de fait, une augmentation des récidives. Dans une telle situation, l’administration pénitentiaire n’est plus cette usine à citoyenneté mais est devenue une fabrique à récidive.
Or la récidive ne se combat pas à la sortie de prison — elle se combat dès le premier jour en détention.
Parce qu’un détenu soigné, accompagné, préparé à la réinsertion, c’est un citoyen que l’on remet debout.

🇫🇷 J’ai donc demandé au Gouvernement quand et comment l’État compte installer enfin un modulaire médical supplémentaire à Angers, pour permettre au personnel de santé d’exercer leur mission et redonner sens à la réinsertion.
Notre prison ne doit pas être un cloaque à indignité, mais une école de citoyenneté.

Nouvelle visite de la prison d’Angers

Nouvelle visite de la prison d’Angers

Nouvelle visite de la prison d’Angers

Screenshot

⛓️ Le 10 novembre, je me suis de nouveau rendu à la prison d’Angers afin de constater les travaux ordonnés par le tribunal administratif de Nantes ayant condamné l’Etat.

🇫🇷 Déjà, suite à ma visite de juin dernier, qui avait pour objectif d’évaluer les investissements urgents à effectuer, pour faire face a la surpopulation j’y avais pointé les conditions de détention insalubres et indignes.

Si les lits sont a présent couverts de draps propres, les poubelles munies de couvercles et les fenêtres réparées, se pose désormais sérieusement la question du projet de centre pénitentiaire de Loire-Authion sans cesse reporté.

👨‍⚕️👩‍⚕️ J’ai pris le temps de m’entretenir avec le personnel de santé et les acteurs de santé tels qu’ALIA, CESAME 49 et le CHU d’Angers sur leurs conditions d’exercice qui sous-tend l’accès au soin des détenus dont j’ai dénoncé la précarité matérielle et l’insuffisance structurelle dans ma question au gouvernement.

📢 La ministre m’a affirmé qu’un modulaire sanitaire arrivera prochainement sans pour autant donner de calendrier.

A cause de la population carcérale qui ne cesse de croître, les 7 infirmières sous-numéraires passent 75% de leur temps à la préparation de médicament plutôt qu’à dispenser des soins.

Le modulaire sanitaire à venir est plus qu’attendu, il est nécessaire.

Colloque police municipale et responsabilité du maire

Colloque police municipale et responsabilité du maire

Organiser un colloque portant sur la police municipale et la responsabilité du maire est une entreprise passionnante et stratégique, qui nécessite une planification minutieuse et une compréhension approfondie des enjeux actuels. En tant que co-porteur de ce projet, mon objectif est de réunir des experts, des élus locaux, des fonctionnaires territoriaux et des professionnels de la sécurité afin d’apporter un éclairage pertinent sur les compétences des maires en matière de police administrative et de sécurité.

Dès le départ, j’ai voulu structurer cet événement autour de thématiques concrètes, qui répondent aux préoccupations des acteurs de terrain. La réforme des compétences des polices municipales, l’articulation entre les forces de l’ordre nationales et locales, ainsi que les obligations légales des maires en matière de prévention et d’intervention sont autant de sujets fondamentaux que nous aborderons.

L’une des premières étapes a consisté à identifier les intervenants clés. J’ai sollicité des universitaires spécialisés en la matière, des sociologues, des directeurs de recherches, ainsi que des représentants des collectivités locales. L’objectif est de favoriser une approche pluridisciplinaire et d’offrir une vision complète des réalités administratives et opérationnelles liées à la sécurité municipale.

J’attends de ce colloque qu’il soit un moment d’échanges fructueux et de partage d’expériences. La sécurité est un enjeu fondamental pour nos concitoyens, et les maires jouent un rôle crucial dans son application quotidienne. En mettant en lumière les bonnes pratiques et les difficultés rencontrées sur le terrain, j’espère que cet événement contribuera à améliorer la coopération entre tous les acteurs concernés et à renforcer les outils à disposition des élus locaux.

Ce projet, bien que complexe, est porteur de sens. Son organisation est avant tout un engagement envers la sécurité publique et la responsabilité des élus face aux attentes croissantes de leurs administrés.