Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Le texte porté par notre collègue Christian Redon-Sarrazy, sénateur socialiste de la Vienne, tombe à point nommé. L’urgence est là : il faut agir pour soutenir les communes rurales dans leurs efforts de réhabilitation du bâti. Les maires, qu’ils soient de Maine-et-Loire, de la Vienne ou d’ailleurs, le martèlent avec une constance frappante : ils manquent d’outils, d’ingénierie, et surtout, de ressources financières.

La désertification rurale ne vient pas des normes

Certains laissent entendre que la désertification des campagnes serait due à un excès de réglementation. C’est un contresens. Les finances des communes reposent sur deux piliers : la taxe foncière et les dotations de l’État. Or, chaque départ d’habitant entraîne un double effet ciseau : baisse des recettes fiscales et réduction des dotations. Simplifier les normes sans corriger ces déséquilibres ne fera qu’aggraver les inégalités.

Les métropoles, où le mètre carré se négocie à 3 000, 3 500, voire 4 000 euros, n’ont pas besoin de ces assouplissements pour attirer les investisseurs. Mais dans les territoires ruraux, où les prix plafonnent à 250, 300, parfois 500 euros le mètre carré, la donne est toute autre. Les promoteurs privés, comme les bailleurs sociaux, fuent là où la rentabilité est immédiate. Et quand ces derniers acceptent d’intervenir dans une commune rurale, c’est souvent à condition que celle-ci abonde le projet à hauteur de 200 000, 300 000, voire 500 000 euros pour équilibrer l’opération.

L’impossible équation des maires ruraux

Que reste-t-il aux élus locaux ? Un choix cornélien :

  • Soit réduire le nombre de logements prévus (passer de 5 à 2, par exemple), au risque d’aggraver la désertification ;
  • Soit accepter de financer le projet… mais en renonçant à rénover l’église, à désartificialiser la cour d’école, ou à moderniser la salle des fêtes.

C’est cette tension insoutenable qu’il nous faut résoudre. Oui, il faut améliorer les outils et l’ingénierie – et des avancées ont déjà été faites. Mais sans ouvrir le chantier de la fiscalité, nous ne ferons que panser les symptômes sans soigner la maladie.

Fiscalité : le tabou à briser

Affirmer « pas de taxes supplémentaires » sans proposer d’alternative, c’est figer les inégalités. Si l’objectif est de ne rien changer, alors ne changeons rien – mais assumons-en les conséquences : des communes rurales condamnées à se vider, faute de moyens pour agir.

Pourtant, des pistes existent. Réorganiser les solidarités entre territoires, par exemple. Ou renforcer le rôle des Établissements Publics Fonciers (EPF), comme le proposait notre collègue Frédérique Espagnac dans un amendement récent. Comment peut-on s’y opposer ? Comment justifier de bloquer des mécanismes qui visent précisément à rééquilibrer les chances entre métropoles et campagnes ?

 

La réhabilitation du bâti rural est une question de justice territoriale. Et pour la régler, il faudra oser repenser nos modèles de solidarité et de fiscalité. Les maires ruraux n’attendent pas autre chose. À nous de leur répondre.

Plan de stabilité à moyen terme : la France navigue à vue

Plan de stabilité à moyen terme : la France navigue à vue

Plan de stabilité à moyen terme : la France navigue à vue

J’ai refermé le rapport d’avancement du PSMT 2025-2029 avec une certitude : ce gouvernement n’a pas de politique budgétaire. Il a tout au plus une technique de survie.

Un constat accablant : l’effondrement en chiffres

117 % du PIB de dette. +4 milliards d’euros sur les intérêts. 0,9 % de croissance. La consommation, l’investissement et le commerce extérieur en berne. Les comptes sont là, implacables. Pourtant, ce qui sidère, ce n’est pas l’état des finances publiques. C’est le vide abyssal du document.

Aucune réforme structurelle. Aucune trajectoire fiscale documentée. Aucun calendrier. Rien que des constats que nous connaissons tous par cœur. Depuis trois ans, le cycle se répète : on vote un budget insincère, puis on l’annule à coups de décrets d’annulation quelques semaines plus tard. À quoi bon tenir des perspectives quand on peut simplement raboter ? Cette absence de politique est ce qui nous fait stagner.

L’hypocrisie écologique : entre discours et réalité

Le rapport appelle à réduire notre dépendance aux hydrocarbures face au choc de la guerre en Iran. J’y adhère. Pourtant, depuis 2024, 20 % des coupes totales ont frappé l’écologie. Le fonds vert ? Passé de 2 milliards à 650 millions d’euros. Rénovation thermique, énergies renouvelables, mobilité durable : plus des priorités. Tous les leviers stratégiques de souveraineté énergétique ont été sabrés.

Comment croire en une transition écologique quand les actes contredisent les mots ? La crédibilité d’une politique se mesure à ses arbitrages. Ici, le message est clair : l’urgence climatique passe après l’urgence comptable.

Le problème n’est plus conjoncturel, il est institutionnel

La méthode est enrayée. Quand il n’y a pas de majorité à l’Assemblée, quand le pilotage est rendu impossible par l’empilement des crises, il faut des outils différents. Depuis octobre 2025, je le martèle : il est temps de revoir le contrôle du Parlement sur l’exécution budgétaire. Il faut créer un nouveau véhicule législatif centré sur l’équilibre des finances publiques.

L’enjeu n’est pas technique. C’est une question de LOLF, oui, mais surtout une question de sérieux. Comment garantir un diagnostic partagé et un contrôle démocratique réel de l’exécutif ? Sans cela, nous resterons prisonniers de l’improvisation permanente.

Question au gouvernement : soutien aux artisans

Question au gouvernement : soutien aux artisans

Question au gouvernement : soutien aux artisans

Ce mercredi après-midi, j’ai interpellé le ministre du Logement.

Les artisans du bâtiment manifestaient ce matin à Angers, et devant toutes les préfectures de France.

Ce qu’ils demandent et que j’ai demandé : que le décret en discussion depuis de nombreux mois soit enfin pris pour :

➣ assouplir l’accès aux chantiers ;

➣ parallèlement renforcer les contrôles sur site pour vérifier le travail réalisé et la bonne utilisation de l’argent public.

Oui, il faut garantir et préserver des normes ambitieuses écologiquement : la simplification, ce n’est pas moins de normes, c’est moins de paperasse.

Élargir le nombre d’entreprises qualifiées RGE, c’est favoriser les rénovations dans chaque territoire. C’est bon pour l’emploi, c’est bon pour la planète !

Prisons / Le Plan 18 000 places de prison d’ici à 2027 prévu par le gouvernement est irréaliste.

Prisons / Le Plan 18 000 places de prison d’ici à 2027 prévu par le gouvernement est irréaliste.

Prisons / Le Plan 18 000 places de prison d’ici à 2027 prévu par le gouvernement est irréaliste.

Les chiffres sont clairs : seules 766 places/an sont vraiment mises en service. Cet écart entre annonces et réalité alimente la crise carcérale.

À Angers comme ailleurs, la surpopulation carcérale met en échec les efforts déployés. Conditions de détention, agents pénitentiaires, réinsertion… s’en trouvent affectés.

On a besoin de clarté. J’ai donc défendu des amendements de sincérité budgétaire pour avoir des objectifs crédibles, plutôt que des promesses jamais tenues.

Visionnez mon intervention :

Et la réponse du Ministre de la justice :

Budget2026 / Examen en séance de la mission « Pouvoirs publics »

Budget2026 / Examen en séance de la mission « Pouvoirs publics »

Budget2026 / Examen en séance de la mission « Pouvoirs publics »

Pour rappel : le gel prolongé des dotations a entrainé une baisse réelle de 10% des crédits de la mission si l’on prend en compte l’inflation : -13% pour le Sénat, -12% pour la présidence de la République et -8% pour l’Assemblée nationale.

Ce gel est motivé par des objectifs d’“exemplarité”. Mais s’il devait durer, cela mettrait en danger : trésorerie, état de ce patrimoine historique, nécessaire sécurisation informatique de nos institutions.

Ceci étant, d’autres sources d’économie sont possibles :

– La fin de la mutualisation entre les cabinet du président de la République et du Premier ministre a abouti à une augmentation des effectifs. Incompréhensible !

– La Cour de justice de la République, dont l’activité est inexistante, continue d’être financée à dotation quasi-constante. Absurde !

Retrouvez mes réponses aux amendements déposés :

Budget2026 / S’engager pour l’économie de la fonctionnalité !

Budget2026 / S’engager pour l’économie de la fonctionnalité !

Budget2026 / S’engager pour l’économie de la fonctionnalité !


On parle beaucoup de transition écologique, mais on rentre plus difficilement dans le concret. On ne changera rien tant qu’on continuera à produire des objets conçus pour mourir vite, pour être remplacés, et pour faire tourner le compteur des ventes.

L’économie de la fonctionnalité n’est pas un slogan. C’est une piste crédible et facile à mettre en oeuvre pour sortir de cette logique absurde. L’idée est presque banale : payer pour l’usage plutôt que pour la propriété. Une voiture qui n’est plus vendue mais entretenue et mise à disposition. Un matériel pensé pour durer, parce que son fabricant n’a aucun intérêt à ce qu’il casse. Ce n’est pas une formule magique : c’est de la cohérence.
Certaines entreprises françaises ont déjà basculé (Renault, Michelin, SNCF…). Elles y gagnent en stabilité. Et nous y gagnons collectivement en ressources non gaspillées.

➡️ Dans le Budget 2026, j’ai tenté d’inscrire des mesures concrètes pour que les collectivités et les entreprises ne soient plus découragées par la fiscalité quand elles adoptent ces modèles. Pas des grandes envolées, juste des corrections techniques. Parce que c’est souvent là que tout se joue : dans les détails invisibles et dans les vieux réflexes.

Je poursuis ce travail, parce qu’on en a besoin et que dans les petites choses résident parfois de grands progrès. Je préfère qu’on fabrique moins d’objets inutiles et plus d’intelligence collective.

👉 Une étude paraîtra bientôt auprès de la Fondation Jean-Jaurès, et un colloque organisé avec le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) suivra.