Intercommunalité : penser les formes souples de coopération face au risque de tarissement des finances publiques

Intercommunalité : penser les formes souples de coopération face au risque de tarissement des finances publiques

Intercommunalité : penser les formes souples de coopération face au risque de tarissement des finances publiques

Photo de Grégory BLANC qui remet le rapport intercommunalité à la Ministre Gatel

Un rapport pour repenser la coopération intercommunale

Dans le cadre de la mission transpartisane « Intercommunalité : affirmer la logique de partenariat des territoires » que j’ai co-pilotée au Sénat, nous avons remis cet après-midi notre rapport à la Ministre Françoise GATEL. Ce travail propose cinq mesures concrètes pour faciliter et fluidifier les fonctionnements intercommunaux et pluricommunaux. Parmi elles, deux leviers me semblent particulièrement essentiels pour l’avenir des territoires : les projets de territoire et les formes souples de coopération.

En période de contraintes financières croissantes pour les collectivités, il est urgent de repenser notre modèle de coopération. Les habitants interrogent de plus en plus l’absence de lien et de contrôle démocratique des intercommunalités, perçues comme distantes et peu transparentes. La réponse ne réside pas dans toujours plus de centralisation, mais dans une mutualisation intelligente, à l’échelle pluricommunale.

Les projets de territoire : une vision stratégique pour fédérer les communes

Nous proposons de rendre obligatoires les projets de territoire dans tous les EPCI (Établissements Publics de Coopération Intercommunale). Pourquoi ? Parce que ces documents poussent les communes à échanger sur les compétences à mutualiser et à se fédérer autour d’un projet commun.

Mais ce n’est pas tout : ces projets de territoire permettront aussi de simplifier l’action publique en supprimant des schémas sectoriels secondaires, évitant ainsi un empilement de documents inutiles. Le Maine-et-Loire est d’ailleurs une terre vertueuse en la matière, avec des intercommunalités qui ont su anticiper ces enjeux. C’est l’exemple parmi d’autres du projet de territoire de Loire Layon Aubance.

Les formes souples de coopération : une réponse pragmatique et ciblée

Dans un contexte où les finances des collectivités risquent de se tarir, il devient indispensable de développer les formes souples de coopération : ententes intercommunales, conventions de services, contrats de réciprocité. Ces outils permettent de répondre à des enjeux partagés sans alourdir les structures, ni transférer de compétences. L’enfance, la jeunesse, l’action culturelle, le numérique… Autant de domaines où les communes peuvent coopérer de manière ciblée, sans créer de nouvelles couches administratives.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que l’avenir ne peut pas être toujours plus de transferts de compétences vers de grands ensembles centralisés. Les dysfonctionnements et la perte d’efficacité sont réels, comme en témoigne le transfert de la voirie au sein d’Angers Loire Métropole, qui a montré des difficultés.

En Anjou, la mutualisation souple est déjà à l’œuvre

Heureusement, des solutions existent et fonctionnent déjà en Maine-et-Loire. La mutualisation à l’échelle pluricommunale est une voie d’avenir, où les communes restent maîtresses de leur organisation tout en mutualisant. Quelques exemples inspirants :

Les gardes-champêtres pluricommunaux de Mûrs-Erigné et Sainte-Gemmes-sur-Loire

Une coopération efficace pour un service de proximité, sans transfert de compétence.

L’Entente-Vallée (Beaufort-en-Anjou, La Ménitré, Les Bois d’Anjou, Mazé-Milon)

Une mutualisation réussie autour des compétences enfance-jeunesse, actions culturelles et sociales.

L’enjeu : concilier ambition collective et flexibilité

Développer projets de territoire et coopération pluricommunale de manière complémentaire, c’est permettre aux territoires de concilier ambition collective et flexibilité.

  • Le projet de territoire légitime l’action intercommunale et donne une vision à long terme.
  • Les formes souples de coopération facilitent des actions plus ciblées, au quotidien et à plus petite échelle.

C’est cette complémentarité qui permettra de répondre aux défis des années à venir : faire plus et mieux avec moins de moyens, tout en restant proche des citoyens.

Et maintenant ? Vers une proposition de loi transpartisane

Avec mes collègues sénateurs, nous ne nous arrêtons pas à ce constat. Nous déposons un texte de loi pour intégrer nos recommandations dans le droit en vigueur.

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Une gestion à la dérive

Nous l’avons déjà souligné pendant le débat sur la trajectoire financière de la France. La situation budgétaire est préoccupante, et 2025 l’a confirmé : les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu ont navigué à vue, sans vision claire. Résultat ? Un budget non maîtrisé : recettes imprévisibles, dépenses hors contrôle, et des corrections imposées sans consultation parlementaire.

Des recettes aléatoires et des impôts "exceptionnels" permanents

Les mesures fiscales votées ont souvent déçu : certaines recettes ont comblé les trous par hasard, mais on ne construit pas une trajectoire budgétaire sur des recettes aléatoires. Pourtant, depuis deux ans, on nous annonce des impôts exceptionnels… qui deviennent permanents.

La surtaxe sur l’impôt sur les sociétés (7,5 milliards au lieu de 8) a sauvé les comptes, mais taxer les entreprises qui produisent en France plutôt que celles qui délocalisent est un signal contre-productif. Pire, la cotisation sur les hauts patrimoines, au rendement ridicule, révèle une volonté absente de lutter contre l’injustice fiscale. 13 000 foyers millionnaires ne paient aucun impôt : comment l’expliquer ?

En 2025, rien. En 2026, toujours rien. Que propose le Gouvernement pour 2027?

La transition écologique, première victime des coupes

Chaque année, le budget de la transition écologique est le premier à être réduit. On vote des crédits ambitieux… pour les voir sabrés en cours d’exercice. Sans plan, le bateau part à la dérive.

Cette improvisation est le résultat des choix de Barnier, Bayrou et du socle commun. Nous la rejetons.

Conclusion : l'urgence d'agir

La France mérite mieux qu’un budget bricolé. Il est temps de :

Rétablir un pilotage rigoureux

des finances publiques.

Rééquilibrer la fiscalité

en s’attaquant aux injustices (notamment pour les super-riches qui ne paient pas d’impôt).

Protéger les budgets prioritaires,

comme celui de la transition écologique.

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Le texte porté par notre collègue Christian Redon-Sarrazy, sénateur socialiste de la Vienne, tombe à point nommé. L’urgence est là : il faut agir pour soutenir les communes rurales dans leurs efforts de réhabilitation du bâti. Les maires, qu’ils soient de Maine-et-Loire, de la Vienne ou d’ailleurs, le martèlent avec une constance frappante : ils manquent d’outils, d’ingénierie, et surtout, de ressources financières.

La désertification rurale ne vient pas des normes

Certains laissent entendre que la désertification des campagnes serait due à un excès de réglementation. C’est un contresens. Les finances des communes reposent sur deux piliers : la taxe foncière et les dotations de l’État. Or, chaque départ d’habitant entraîne un double effet ciseau : baisse des recettes fiscales et réduction des dotations. Simplifier les normes sans corriger ces déséquilibres ne fera qu’aggraver les inégalités.

Les métropoles, où le mètre carré se négocie à 3 000, 3 500, voire 4 000 euros, n’ont pas besoin de ces assouplissements pour attirer les investisseurs. Mais dans les territoires ruraux, où les prix plafonnent à 250, 300, parfois 500 euros le mètre carré, la donne est toute autre. Les promoteurs privés, comme les bailleurs sociaux, fuent là où la rentabilité est immédiate. Et quand ces derniers acceptent d’intervenir dans une commune rurale, c’est souvent à condition que celle-ci abonde le projet à hauteur de 200 000, 300 000, voire 500 000 euros pour équilibrer l’opération.

L’impossible équation des maires ruraux

Que reste-t-il aux élus locaux ? Un choix cornélien :

  • Soit réduire le nombre de logements prévus (passer de 5 à 2, par exemple), au risque d’aggraver la désertification ;
  • Soit accepter de financer le projet… mais en renonçant à rénover l’église, à désartificialiser la cour d’école, ou à moderniser la salle des fêtes.

C’est cette tension insoutenable qu’il nous faut résoudre. Oui, il faut améliorer les outils et l’ingénierie – et des avancées ont déjà été faites. Mais sans ouvrir le chantier de la fiscalité, nous ne ferons que panser les symptômes sans soigner la maladie.

Fiscalité : le tabou à briser

Affirmer « pas de taxes supplémentaires » sans proposer d’alternative, c’est figer les inégalités. Si l’objectif est de ne rien changer, alors ne changeons rien – mais assumons-en les conséquences : des communes rurales condamnées à se vider, faute de moyens pour agir.

Pourtant, des pistes existent. Réorganiser les solidarités entre territoires, par exemple. Ou renforcer le rôle des Établissements Publics Fonciers (EPF), comme le proposait notre collègue Frédérique Espagnac dans un amendement récent. Comment peut-on s’y opposer ? Comment justifier de bloquer des mécanismes qui visent précisément à rééquilibrer les chances entre métropoles et campagnes ?

 

La réhabilitation du bâti rural est une question de justice territoriale. Et pour la régler, il faudra oser repenser nos modèles de solidarité et de fiscalité. Les maires ruraux n’attendent pas autre chose. À nous de leur répondre.

Plan de stabilité à moyen terme : la France navigue à vue

Plan de stabilité à moyen terme : la France navigue à vue

Plan de stabilité à moyen terme : la France navigue à vue

J’ai refermé le rapport d’avancement du PSMT 2025-2029 avec une certitude : ce gouvernement n’a pas de politique budgétaire. Il a tout au plus une technique de survie.

Un constat accablant : l’effondrement en chiffres

117 % du PIB de dette. +4 milliards d’euros sur les intérêts. 0,9 % de croissance. La consommation, l’investissement et le commerce extérieur en berne. Les comptes sont là, implacables. Pourtant, ce qui sidère, ce n’est pas l’état des finances publiques. C’est le vide abyssal du document.

Aucune réforme structurelle. Aucune trajectoire fiscale documentée. Aucun calendrier. Rien que des constats que nous connaissons tous par cœur. Depuis trois ans, le cycle se répète : on vote un budget insincère, puis on l’annule à coups de décrets d’annulation quelques semaines plus tard. À quoi bon tenir des perspectives quand on peut simplement raboter ? Cette absence de politique est ce qui nous fait stagner.

L’hypocrisie écologique : entre discours et réalité

Le rapport appelle à réduire notre dépendance aux hydrocarbures face au choc de la guerre en Iran. J’y adhère. Pourtant, depuis 2024, 20 % des coupes totales ont frappé l’écologie. Le fonds vert ? Passé de 2 milliards à 650 millions d’euros. Rénovation thermique, énergies renouvelables, mobilité durable : plus des priorités. Tous les leviers stratégiques de souveraineté énergétique ont été sabrés.

Comment croire en une transition écologique quand les actes contredisent les mots ? La crédibilité d’une politique se mesure à ses arbitrages. Ici, le message est clair : l’urgence climatique passe après l’urgence comptable.

Le problème n’est plus conjoncturel, il est institutionnel

La méthode est enrayée. Quand il n’y a pas de majorité à l’Assemblée, quand le pilotage est rendu impossible par l’empilement des crises, il faut des outils différents. Depuis octobre 2025, je le martèle : il est temps de revoir le contrôle du Parlement sur l’exécution budgétaire. Il faut créer un nouveau véhicule législatif centré sur l’équilibre des finances publiques.

L’enjeu n’est pas technique. C’est une question de LOLF, oui, mais surtout une question de sérieux. Comment garantir un diagnostic partagé et un contrôle démocratique réel de l’exécutif ? Sans cela, nous resterons prisonniers de l’improvisation permanente.

Question au gouvernement : soutien aux artisans

Question au gouvernement : soutien aux artisans

Question au gouvernement : soutien aux artisans

Ce mercredi après-midi, j’ai interpellé le ministre du Logement.

Les artisans du bâtiment manifestaient ce matin à Angers, et devant toutes les préfectures de France.

Ce qu’ils demandent et que j’ai demandé : que le décret en discussion depuis de nombreux mois soit enfin pris pour :

➣ assouplir l’accès aux chantiers ;

➣ parallèlement renforcer les contrôles sur site pour vérifier le travail réalisé et la bonne utilisation de l’argent public.

Oui, il faut garantir et préserver des normes ambitieuses écologiquement : la simplification, ce n’est pas moins de normes, c’est moins de paperasse.

Élargir le nombre d’entreprises qualifiées RGE, c’est favoriser les rénovations dans chaque territoire. C’est bon pour l’emploi, c’est bon pour la planète !

Prisons / Le Plan 18 000 places de prison d’ici à 2027 prévu par le gouvernement est irréaliste.

Prisons / Le Plan 18 000 places de prison d’ici à 2027 prévu par le gouvernement est irréaliste.

Prisons / Le Plan 18 000 places de prison d’ici à 2027 prévu par le gouvernement est irréaliste.

Les chiffres sont clairs : seules 766 places/an sont vraiment mises en service. Cet écart entre annonces et réalité alimente la crise carcérale.

À Angers comme ailleurs, la surpopulation carcérale met en échec les efforts déployés. Conditions de détention, agents pénitentiaires, réinsertion… s’en trouvent affectés.

On a besoin de clarté. J’ai donc défendu des amendements de sincérité budgétaire pour avoir des objectifs crédibles, plutôt que des promesses jamais tenues.

Visionnez mon intervention :

Et la réponse du Ministre de la justice :