Prison : soyons pragmatiques, priorité à la sécurité publique !

par | 1/10/26 | Maine-et-Loire, national

Depuis juillet 2025, j’ai visité une vingtaine d’établissements pénitentiaires. Mon constat : notre système carcéral coûte toujours plus cher, entretient la récidive et protège mal les Français. Il faut changer de logique, et c’est possible à budget constant.

Tout est parti d'Angers

En juillet 2025, je visitais l’unité de soins de la maison d’arrêt d’Angers. L’établissement a été construit en 1856 pour 216 détenus et en accueille aujourd’hui plus de 550. Un chiffre m’a frappé : 40 % des détenus qui entrent avec un problème d’addiction ressortent sans avoir été soignés.

C’est d’abord une question de sécurité publique. Si les personnes condamnées sortent de prison plus dangereuses qu’elles n’y sont entrées, à quoi sert la prison ?

J’ai donc voulu comprendre. J’ai visité une vingtaine d’établissements et j’ai échangé avec des soignants, des services de probation, des associations de réinsertion et des professionnels de la Justice. Ma grille de lecture était la suivante : le budget avant tout parti pris idéologique. Ni « tout sécuritaire », ni angélisme.

La prison nourrit la prison

Le constat est paradoxal : plus on construit, plus la surpopulation augmente, et plus il y a de récidivistes.

Les deux réponses apportées jusqu’ici restent enfermées dans les murs de la prison, et elles sont inefficaces :

  • construire toujours plus de places ;
  • libérer automatiquement des détenus avant le terme de leur peine, en « sortie sèche », c’est-à-dire sans accompagnement. C’est la règle depuis les décisions prises par Nicole Belloubet et Éric Dupond-Moretti, confirmées par Gérald Darmanin.

Une impasse budgétaire

Après l’armée et la charge des intérêts de la dette, c’est le budget de l’administration pénitentiaire qui a le plus progressé ces dernières années : +30 %.

Si les engagements pris sont tenus, continuer dans cette voie conduirait à doubler ce budget d’ici 2031, de 5,5 à 11 milliards d’euros. Où trouveront-ils l’argent ?

La récidive, là où se trouvent les vraies économies

Dans le même temps, la récidive à un an, à elle seule, coûte 2 milliards d’euros au pays. Elle concerne 36,6 % des sortants à un an et grimpe à 67 % à cinq ans.

C’est là que se trouvent les économies possibles.

Aller au bout de la peine

Face à ce dysfonctionnement généralisé, certains préfèrent les coups de menton pour être « durs avec les durs ». Ils séduisent sans doute dans certains meetings de campagne, mais ils ne règlent rien.

Il est urgent de repenser la logique : que les peines aillent à leur terme, pour mener à bien le parcours du détenu. Cela suppose d’articuler réellement prison et probation, milieu fermé et milieu ouvert.

Aujourd’hui, c’est comme si l’on pensait le soin en séparant l’hôpital de la médecine de ville. Ça ne marche pas.

Découvrez mes propositions