Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Budget 2025 : Bilan d’une France qui navigue sans carte

Une gestion à la dérive

Nous l’avons déjà souligné pendant le débat sur la trajectoire financière de la France. La situation budgétaire est préoccupante, et 2025 l’a confirmé : les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu ont navigué à vue, sans vision claire. Résultat ? Un budget non maîtrisé : recettes imprévisibles, dépenses hors contrôle, et des corrections imposées sans consultation parlementaire.

Des recettes aléatoires et des impôts "exceptionnels" permanents

Les mesures fiscales votées ont souvent déçu : certaines recettes ont comblé les trous par hasard, mais on ne construit pas une trajectoire budgétaire sur des recettes aléatoires. Pourtant, depuis deux ans, on nous annonce des impôts exceptionnels… qui deviennent permanents.

La surtaxe sur l’impôt sur les sociétés (7,5 milliards au lieu de 8) a sauvé les comptes, mais taxer les entreprises qui produisent en France plutôt que celles qui délocalisent est un signal contre-productif. Pire, la cotisation sur les hauts patrimoines, au rendement ridicule, révèle une volonté absente de lutter contre l’injustice fiscale. 13 000 foyers millionnaires ne paient aucun impôt : comment l’expliquer ?

En 2025, rien. En 2026, toujours rien. Que propose le Gouvernement pour 2027?

La transition écologique, première victime des coupes

Chaque année, le budget de la transition écologique est le premier à être réduit. On vote des crédits ambitieux… pour les voir sabrés en cours d’exercice. Sans plan, le bateau part à la dérive.

Cette improvisation est le résultat des choix de Barnier, Bayrou et du socle commun. Nous la rejetons.

Conclusion : l'urgence d'agir

La France mérite mieux qu’un budget bricolé. Il est temps de :

Rétablir un pilotage rigoureux

des finances publiques.

Rééquilibrer la fiscalité

en s’attaquant aux injustices (notamment pour les super-riches qui ne paient pas d’impôt).

Protéger les budgets prioritaires,

comme celui de la transition écologique.

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Bâti rural : il faut ouvrir le chantier de la fiscalité

Le texte porté par notre collègue Christian Redon-Sarrazy, sénateur socialiste de la Vienne, tombe à point nommé. L’urgence est là : il faut agir pour soutenir les communes rurales dans leurs efforts de réhabilitation du bâti. Les maires, qu’ils soient de Maine-et-Loire, de la Vienne ou d’ailleurs, le martèlent avec une constance frappante : ils manquent d’outils, d’ingénierie, et surtout, de ressources financières.

La désertification rurale ne vient pas des normes

Certains laissent entendre que la désertification des campagnes serait due à un excès de réglementation. C’est un contresens. Les finances des communes reposent sur deux piliers : la taxe foncière et les dotations de l’État. Or, chaque départ d’habitant entraîne un double effet ciseau : baisse des recettes fiscales et réduction des dotations. Simplifier les normes sans corriger ces déséquilibres ne fera qu’aggraver les inégalités.

Les métropoles, où le mètre carré se négocie à 3 000, 3 500, voire 4 000 euros, n’ont pas besoin de ces assouplissements pour attirer les investisseurs. Mais dans les territoires ruraux, où les prix plafonnent à 250, 300, parfois 500 euros le mètre carré, la donne est toute autre. Les promoteurs privés, comme les bailleurs sociaux, fuent là où la rentabilité est immédiate. Et quand ces derniers acceptent d’intervenir dans une commune rurale, c’est souvent à condition que celle-ci abonde le projet à hauteur de 200 000, 300 000, voire 500 000 euros pour équilibrer l’opération.

L’impossible équation des maires ruraux

Que reste-t-il aux élus locaux ? Un choix cornélien :

  • Soit réduire le nombre de logements prévus (passer de 5 à 2, par exemple), au risque d’aggraver la désertification ;
  • Soit accepter de financer le projet… mais en renonçant à rénover l’église, à désartificialiser la cour d’école, ou à moderniser la salle des fêtes.

C’est cette tension insoutenable qu’il nous faut résoudre. Oui, il faut améliorer les outils et l’ingénierie – et des avancées ont déjà été faites. Mais sans ouvrir le chantier de la fiscalité, nous ne ferons que panser les symptômes sans soigner la maladie.

Fiscalité : le tabou à briser

Affirmer « pas de taxes supplémentaires » sans proposer d’alternative, c’est figer les inégalités. Si l’objectif est de ne rien changer, alors ne changeons rien – mais assumons-en les conséquences : des communes rurales condamnées à se vider, faute de moyens pour agir.

Pourtant, des pistes existent. Réorganiser les solidarités entre territoires, par exemple. Ou renforcer le rôle des Établissements Publics Fonciers (EPF), comme le proposait notre collègue Frédérique Espagnac dans un amendement récent. Comment peut-on s’y opposer ? Comment justifier de bloquer des mécanismes qui visent précisément à rééquilibrer les chances entre métropoles et campagnes ?

 

La réhabilitation du bâti rural est une question de justice territoriale. Et pour la régler, il faudra oser repenser nos modèles de solidarité et de fiscalité. Les maires ruraux n’attendent pas autre chose. À nous de leur répondre.