Un amendement rejeté, mais une question essentielle : améliorer la gestion des crises à Mayotte

Un amendement rejeté, mais une question essentielle : améliorer la gestion des crises à Mayotte

Lors des débats récents, j’ai proposé un amendement visant à demander un rapport sur la gestion des crises à Mayotte. Bien que cet amendement ait été rejeté, il soulève une question cruciale : comment améliorer la réactivité et l’efficacité des secours face aux catastrophes naturelles dans ce territoire ultramarin ?

Une coordination à renforcer

L’une des premières problématiques identifiées concerne la coordination entre l’État, la préfecture et les collectivités locales. Une meilleure articulation des compétences est nécessaire pour éviter des lenteurs administratives et assurer une intervention efficace dès les premières heures d’une crise. C’est pourquoi j’ai suggéré la création d’une structure locale dédiée à la gestion des crises, directement reliée à la cellule interministérielle de crise de Paris.

L’anticipation, un levier indispensable

Le cyclone qui a frappé Mayotte a mis en lumière une faiblesse structurelle dans l’anticipation des secours. Un des constats les plus alarmants est le délai d’intervention des secours, arrivés 48 heures après la catastrophe. Il est impératif d’étudier la mise en place d’une réserve préventive de biens essentiels (eau, nourriture, matériel médical) pour garantir une distribution immédiate en cas de besoin.

Des effectifs insuffisants sur place

La crise a également révélé la dépendance excessive aux renforts métropolitains. Le renforcement des effectifs locaux, pompiers et forces de l’ordre, est crucial pour assurer une présence rapide sur le terrain. De plus, la mise en place d’une brigade spécialisée dans la gestion des catastrophes naturelles à Mayotte pourrait être une solution efficace pour adapter la réponse aux spécificités locales.

Un engagement des sapeurs-pompiers à clarifier

Un autre point fondamental concerne l’engagement des sapeurs-pompiers professionnels (SPP) dans les missions de renfort. Actuellement, leur mobilisation dépend de chaque Service d’Incendie et de Secours (SIS), entraînant des disparités importantes dans la comptabilisation du temps de travail. Certains doivent même poser des congés pour partir en mission ! Il est impératif d’harmoniser les règles au niveau national pour garantir un cadre juste et efficace.

Un rejet qui ne clôt pas le débat

Si mon amendement a été rejeté, la question reste plus pertinente que jamais. La gestion des crises ne peut se satisfaire de demi-mesures ou d’improvisations. Il est essentiel que l’État prenne ses responsabilités et engage une réflexion approfondie sur ces enjeux.

Reportage Public Sénat : mon travail sur le dossier Michelin

Reportage Public Sénat : mon travail sur le dossier Michelin

En décembre dernier, j’ai eu l’opportunité d’être suivi par l’équipe de Public Sénat dans le cadre d’un reportage Sénateur en action lors de ma visite du site Michelin en Vendée. Ma visite est survenue à la suite de l’annonce de la fermeture du site en novembre 2024. Mon objectif était clair, me rendre sur place afin d’établir un lien avec les salariés qui vont devoir faire face à cette fermeture. Nombre d’entre eux ont fait carrière au sein du groupe Michelin, et cette décision n’est pas acceptable.

En tant que sénateur, il est de mon devoir de défendre les intérêts des salariés et des territoires touchés par de telles décisions. L’impact économique est indéniable, employé et entreprise locale seront touchés. Lors de cette visite, j’ai pu échanger directement avec les employés, écouter leurs inquiétudes et comprendre les conséquences concrètes de cette fermeture sur leur quotidien et celui de leurs familles.

Au-delà de la solidarité exprimée sur place, j’ai également tenu à rencontrer les représentants syndicaux et les élus locaux pour travailler à une réponse collective face à cette crise sociale et économique. Ensemble, nous avons évoqué des pistes pour accompagner les salariés dans leur reconversion professionnelle, envisager la revitalisation du site et exiger des engagements concrets de la direction du groupe Michelin.

Ce reportage de Public Sénat a permis de mettre en lumière les enjeux humains et territoriaux de cette fermeture, tout en rappelant l’importance d’un débat national sur les responsabilités des grandes entreprises et sur les moyens d’assurer une transition équitable dans les territoires. Mon combat pour le maintien de l’activité industrielle et pour un traitement digne des salariés se poursuivra à travers mon action au Sénat et auprès du gouvernement.

François Bayrou déclare sa politique générale

François Bayrou déclare sa politique générale

Une déclaration de politique générale de François Bayrou déconnectée des réalités sociales : 

Le 14 janvier 2025, François Bayrou a présenté sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Je ne peux que regretter le manque d’ambition et de cohérence de ce discours face aux défis majeurs qui pèsent sur notre pays.

Derrière des promesses de dialogue et de réformes équilibrées, le Premier ministre s’est contenté de reprendre des engagements flous qui peinent à répondre à l’urgence sociale et écologique. Ce n’est pas d’un ajustement que nous avons besoin, mais d’un changement de cap en faveur d’une véritable justice sociale.

Sur la transition écologique, les déclarations restent timides et manquent cruellement de mesures concrètes. Face à l’accélération du dérèglement climatique, la France ne peut plus se contenter de demi-mesures.

J’attendais des engagements forts, une véritable planification écologique, un soutien massif aux collectivités locales pour la rénovation énergétique ou encore une politique ambitieuse de mobilité durable. Malheureusement, ces sujets sont passés au second plan.

Quant au budget 2025, François Bayrou mise sur la rigueur budgétaire sans mesurer les conséquences sociales de cette orientation. Réduire le déficit public, oui, mais pas au détriment des plus fragiles ! L’austérité ne doit pas devenir la seule boussole de ce gouvernement.

Enfin, sa volonté de réformer les institutions avec l’introduction d’une dose de proportionnelle pourrait sembler être une avancée. Mais sans garantie d’un véritable renouvellement démocratique et d’un respect accru des droits du Parlement, cela risque de n’être qu’un simple effet d’annonce.

Aujourd’hui plus que jamais, j’appelle le gouvernement à écouter les Français, à entendre les territoires, et à construire des politiques publiques ambitieuses, justes et écologiques. Faute de quoi, nous serons nombreux à nous opposer fermement à cette politique déconnectée des réalités sociales et environnementales.

Pourquoi j’ai quitté l’hémicycle du Sénat

Pourquoi j’ai quitté l’hémicycle du Sénat

Le 2 décembre 2024, j’ai pris la décision de quitter l’hémicycle du Sénat. Ce geste n’était pas anodin. Il était avant tout un signal fort pour dénoncer une méthode de travail que je considère irrespectueuse du rôle du Parlement.

Alors que nous débattions du projet de loi de finances pour 2025, le gouvernement, avec le soutien du rapporteur général du budget, a demandé une seconde délibération sur plusieurs votes déjà adoptés. Cette procédure, bien qu’autorisée par le règlement, a été utilisée pour revenir sur des décisions importantes que nous avions longuement débattues et validées. 

J’ai eu le sentiment que l’on nous demandait, au dernier moment, de renier nos propres votes.

Face à ce que je considère comme un coup de force antidémocratique, j’ai choisi de quitter la séance. Ce départ était un acte de protestation contre cette manière de gouverner, qui méprise le travail des parlementaires et les échanges démocratiques.

Je reste fermement convaincu que le dialogue et le respect des institutions sont essentiels pour construire des politiques publiques justes et efficaces. Ce type de manœuvre ne fait que renforcer la méfiance des citoyens envers nos institutions.

ZAN (Zéro Artificialisation Nette des sols)

ZAN (Zéro Artificialisation Nette des sols)

Ma contribution, Septembre 2024

Le dérèglement climatique s’impose à nous : hausse des feux de forêt, raréfaction de la ressource en eau et disparition progressive de la biodiversité nous plongent dans le vertige. Face à ces enjeux, la loi Climat et Résilience (2021) a notamment introduit l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) d’ici à 2050. A partir de cette date, toute surface artificialisée – accentuant de fait le dérèglement climatique – impliquera de renaturer une surface équivalente.

Pour y arriver, un objectif intermédiaire a été mis en place : le rythme d’artificialisation entre 2021 et 2031 devra être divisé par deux par rapport aux surfaces artificialisées nationalement entre 2011 et 2021. Bien que le rythme de consommation foncière diminue depuis le début des années 2010, l’effort à fournir reste considérable. 

Cela implique un changement de modèle et de culture du développement local. La logique actuelle repose en effet sur l’augmentation de la population via l’étalement urbain, avec des recettes de collectivités complètement corrélées au nombre d’habitants (dotation globale de fonctionnement, taxe foncière, …). Bref : tout investissement de reconversion ou de réhabilitation des espaces implique des coûts financiers individuels ou collectifs conséquents et sans avantages immédiats pour les populations. 

Les temporalités différentes mettent les acteurs en tension, d’autant plus que la création et le déploiement des outils indispensables pour aborder cette nouvelle logique de développement ne sont pas encore déployés voire conçus. 

C’est évident : il ne peut pas y avoir de transition écologique de manière uniquement descendante, par voie réglementaire. L’accompagnement économique et social des acteurs est une condition de la réussite des objectifs du ZAN.

La Mission d’information sur le financement du ZAN

La commission des finances du Sénat a décidé de créer une mission d’information sur le financement du « zéro artificialisation nette », dont les rapporteurs sont Jean-Baptiste Blanc et Hervé Maurey. La mission va s’attacher à mieux connaître les coûts induits par la mise en œuvre des objectifs de réduction de l’artificialisation et à proposer des solutions financières pour la mise en œuvre de cet objectif. Il ne s’agit pas de proposer un impôt nouveau ni de rajouter de nouvelles règles, mais de définir enfin le modèle économique sans lequel l’objectif ZAN ne pourra pas être atteint.

Les aspects normatifs et réglementaires définis par la loi « Climat et résilience » et par la loi du 20 juillet 2023, quant à eux, font l’objet d’un travail mené en parallèle par un groupe de suivi réunissant des sénateurs de trois commissions permanentes du Sénat.

MeToo dans l’armée

MeToo dans l’armée

Grégory Blanc demande la radiation des gradés reconnus coupables

Article de presse, Le Courrier de l’Ouest, 28 juin 2024

Le sénateur divers gauche de Maine-et-Loire vient de déposer une proposition de loi en ce sens

À la suite de l’affaire Manon Dubois (Angevine agressée sexuellement au sein de la Marine nationale), portée sur le front politique par l’ex-députée (Renaissance) Lætitia Saint-Paul et le sénateur (divers gauche) Grégory Blanc, la publication, le 12 juin, du rapport commandé à l’inspecteur général des armées par le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu, a permis de mettre en lumière les mesures à prendre urgemment : amélioration de l’accompagnement des victimes, de la prévention (notamment au sein des écoles de formation), le renforcement des liens avec l’autorité judiciaire ou encore l’encadrement du régime de sanction des auteurs.

Le sénateur angevin vient de déposer une proposition de loi relative à la nécessité de radier systématiquement les cadres de l’armée reconnus coupables d’une agression passible d’une peine de prison « afin d’affirmer le devoir d’exemplarité de l’armée française ».

Le sénateur précise qu’il « s’engage à poursuivre ce travail transpartisan avec Laëtitia Saint-Paul notamment, quel que soit le résultat des élections législatives des 30 juin et 7 juillet prochains ».

Grégory Blanc, sénateur (divers gauche) de Maine-et-Loire.